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OUM KALTOUM OU KAWKAB A CHAARQ ( l'étoile de l'orient )

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| Les années passaient et sa renommée restait confinée dans les villages alentour ; les gens commençaient cependant à savoir qui était Oum Kaltoum cette petite qui avait une si jolie voix. Un jour, à l'occasion du mariage d'une des personnalités du Caire, originaire de la région , on la fit venir de son village pour animer la soirée. La chance d'Oum Kaltoum l'y attendait : les artistes qui avaient été engagés comme elle remarquèrent la beauté de sa voix et insistèrent auprès de son père pour la faire participer à un gala au Caire et la faire connaître du public. Son père refusa tout d'abord : il ne voulait pas que sa fille se produisit devant un public anonyme. Ils finirent par obtenir son agrément et il la ramena participer à ce gala. Son succès fut foudroyant et les spectateurs quittè- rent les lieux en faisant l'éloge de cette chanteuse inconnue que Dieu avait pour- vue d'un talent aussi extraordinaire. Son nom cependant leur parut peu conciliable avec une carrière artistique, et difficile à retenir ; l'organisateur proposa au père un autre nom pour les galas suivants mais celui-ci refusa et allait maintenir son refus. Ceci se passait en 1921 . Oum Kaltoum était heureuse : elle était descendue dans un des plus grands hôtels du Caire, au luxe digne d'un palais mer- veilleux des Mille et Une Nuits. |
| A ce premier gala elle avait été remarquée par le Cheïkh Abou al ila Mohamed qui lui donna par la suite à interpréter certaines de ses Qacidas : < Afdih in hafiza al hawa >, <Amana ayouha al omr >. Un autre Maître était lui aussi présent à cette soirée, Sayed Darouiche. Emerveillé par la beauté et l'étendue de cette voix ainsi que par la maîtrise dont la jeune chanteuse faisait preuve, il proposa au père d'engager la jeune fille dans son orchestre, et se heurta à un refus. Mais le succès s'affirmant, le père se vit obligé de résider au Caire, d'abord dans un petit appartement du quartier d'Abidine où elle eut enfin le bonheur d'avoir sa chambre avec un lit pour elle toute seule. Elle n'avait pourtant pas encore d'orchestre pour l'accompagner, son père et son frère faisant seuls office d'accompagnateurs. La société Odéon voulut enregistrer cette nouvelle étoile et mit à sa disposition Mohamed Kasabji avec son luth, Sabri et sa cithare, mais ils tinrent à travailler pour elle en secret. Le cachet d'Oum Kaltoum s'élevait à l'époque à cinquante livres par disque enregistré, somme qu'un mois de travail n'aurait même pas pu lui procurer. | ![]() Maison Natale d'Oum Kaltoum |
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Elle continua à se produire sans orchestre jusqu'en 1926, année où elle fut engagée par le théâtre Dar attamthil et où elle allait être . accompagnée par Mohamed el Aouad au kanoun, Sami Chaoua au violon et Mohamed Kasabji au luth ., mais ces grands solistes n'appréciaient guère le rôle d'accompagnateurs qu'on leur faisait jouer. Le succès que rencontra cette première soirée au théâtre fit que le nom d'Oum Kaltoum se répandit par tout le Caire, faisant l'objet de toutes les conversations des cercles littéraires et des clubs fermés. A cette soirée, elle fut entendue par le poète Ahmed Rami qui fut totalement captivé : il allait lui composer de nombreuses qasidas et une multitude de chansons. Kasabji, conquis à son tour, et éperonné par l'admiration de Rami, se mit aussi à composer pour elle. De cette collaboration datent les plus grands succès d'Oum Kaltoum : elle allait devenir ainsi < la Grande Dame> de la chanson égyptienne. Les sociétés de disques firent le reste et le cachet d'Oum Kaltoum s'éleva d'un seul coup de cinquante à trois cents livres par disque. |
Outre sa voix à l'étendue et à la souplesse
telles qu'on en rencontre rarement, sa grande
personnalité formée à l'école de la vie, son
caractère agréable.
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| Elle possédait une perfection inégalée dans la diction acquise au contact du Coran qu'elle savait par coeur, un goût prononcé pour la poésie et développé par la lecture des Oeuvres littéraires anciennes et modernes. Tout excitait sa soif d'apprendre : on ne lui offrit jamais un livre qu'elle ne le lût le jour même ses nombreux contacts avec les hommes de lettres éminents et sa fréquentation des salons lui permirent de parfaire sa culture. Fière de ses origines modestes et convaincue que la beauté réside dans la simplicité, elle est restée simple dans son comportement, sa mise et sa conversation. Préservant sa pudeur villageoise, elle a toujours refusé de se laisser embrasser dans les films qu'elle a tournés < WI- DAD >> (1935), 44 NACHID ALAMAL >> (1936), 44 DANANIR >> (1939), 44 AIDA >> (1942), << SALAMA >> (1944), << FATMA (1948) . le Roi FAROUK l'a qualifiée de l'irréprochable. |
| Le 3 Février 1975, vers 16h30, à l'hôpital
militaire d'E1 Maâdi, Oum Kaltoum rejoignant le royaume
des cieux. Après avoir régné pendant près d'un demi-
siècle sur une bonne partie de l'univers. Une
hémorragie cérébrale endeuillait le monde arabe et
mettait fin à un fol espoir. Celui de voir Thouma
vaincre le mal qui avait nécessité son transfert dans
cet important centre hospitalier un mois plus tôt, le 2
janvier pour être plus précis.
1898 , l'année qui l'a vue naître, et 1975, l'année de son départ, Oum Kaltoum est passée par plusieurs étapes. Depuis la pauvreté, mais pas plus qu'il n'en faut, jusqu'à la richesse, la célébrité et le succès. Ce mot, succès, elle l'a transformé en verbe et conjugué à tous les temps. Elle en a fait un allié pour mettre son entourage au pas, imposer sa volonté à ceux qui osaient se dresser sur son parcours, dicter à l'élite artistique du Caire sa façon de bâtir sa carrière et de meubler son répertoire. Jamais avant elle, et il n'y en aura plus après elle, un artiste n'a pesé dans la balance politico-sociale avec autant de panache et de conviction. C'est d'ailleurs pourquoi elle continuera de siéger dans le coeur des millions d'Arabes, dans un compartiment naturellement réservé pour elle. Celui de la grande, belle et sublime musique. Merci, Thouma. |
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